Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète
Jeux vidéo
Tests
PC
RTS
Réalité virtuelle

Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète

Publié le 05 mai 2024 à 10:22
par Fabian Lainé

Après huit longues années d'attente, les fans de la légendaire série Homeworld ont enfin droit à un double cadeau : Homeworld 3 et Homeworld: Vast Reaches. Malheureusement, ce dernier titre, exclusivement disponible sur Meta Quest avant son lancement sur PC VR, s'avère être décevant. Loin d'offrir une réinvention de la franchise spécialement conçue pour la réalité virtuelle, Vast Reaches ressemble davantage à un insipide amuse-gueule, laissant le joueur sur sa faim de batailles spatiales tactiques et époustouflantes.

 

Un Récit Fidèle à l'Esprit Homeworld

Malgré ses lacunes, Vast Reaches parvient à capturer l'ambiance caractéristique de la série grâce à ses cinématiques animées et sa narration authentique. L'intrigue comble certaines lacunes narratives entre la fin de Homeworld et le début de Homeworld 2, relatant les efforts des Hiigarans pour repousser une faction bureaucratique techno-fétichiste tentant de les lier à d'obscures réglementations interstellaires auxquelles ils n'ont jamais souscrit. Ces antagonistes, bien que quelque peu ridicules, suscitent aisément l'animosité du joueur.

Un autre aspect distinctif réside dans le fait que la nouvelle commandante du Vaisseau-Mère, ayant succédé à la retraitée Karan S'jet, provient d'une lignée familiale hiigaran différente. Son style de leadership plus agressif contraste avec celui de son mentor, et leurs interactions forgent des personnages riches et nuancés. Un événement majeur surprenant vient même ponctuer l'histoire, bien que son impact soit quelque peu atténué par l'absence de changements notables dans le gameplay des missions suivantes.

 

Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète

 

Des Combats Spatiaux Simplifiés à l'Excès

Malheureusement, lorsqu'il s'agit de contrôler sa flotte, Vast Reaches se révèle plutôt décevant. Au lieu d'innover ou d'exploiter pleinement les possibilités offertes par la VR, le jeu simplifie à outrance les mécaniques des opus précédents sans vraiment les remplacer par quoi que ce soit d'intéressant.

Plutôt que de construire et de commander des vaisseaux ou des escadrons individuels, le joueur se voit attribuer entre trois et six groupes de contrôle dans lesquels il peut littéralement "déposer" ses navires. Tous les vaisseaux d'un même groupe sont alors contrôlés comme une seule entité, et de nouvelles unités viendront progressivement les rejoindre, peu importe leur position sur la carte.

Ce système n'est pas intrinsèquement mauvais, car il se rapproche souvent de la façon dont les joueurs gèrent les groupes de contrôle dans d'autres jeux de stratégie en temps réel. Cependant, son efficacité est compromise par le rythme effréné des combats.

 

Une Cadence Frénétique Qui Nuit à l'Immersion

Les 11 missions de la campagne solo de Vast Reaches se déroulent à un rythme beaucoup trop rapide, au point de devenir problématique. Les vaisseaux, même les plus imposants, explosent en un clin d'œil, leurs effets d'explosion étant à peine perceptibles. Ce phénomène, couplé à la quasi-invisibilité des effets des armes, rend pratiquement impossible la possibilité de réagir ou de battre en retraite lorsqu'un affrontement tourne mal.

Bien que le jeu permette de mettre la partie en pause à tout moment, le joueur ne peut alors que déplacer la caméra et appeler de nouveaux vaisseaux, sans pouvoir donner d'ordres de mouvement, d'attaque ou d'utilisation d'aptitudes. Lorsque le temps reprend son cours, la vue revient à sa position initiale, empêchant toute préparation stratégique pendant la pause. Cette frénésie constante nuit grandement à l'impression de commander une puissante flotte spatiale.

 

Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète

 

Un Niveau de Détail Décevant

En zoomant sur les vaisseaux, le joueur peut admirer de près la flotte emblématique du premier Homeworld. Cependant, jusqu'à une certaine distance, leur niveau de détail reste décevant, les rendant flous et peu définis. Même une fois à proximité, on ne trouve nulle part de tourelles animées, alors que dans les opus précédents, pratiquement chaque corvette, frégate d'assaut, destroyer et croiseur de bataille arborait fièrement ses canons pivotants suivant indépendamment leurs cibles. C'est d'autant plus regrettable d'avoir ces vaisseaux cultes sous les yeux sans pouvoir en apprécier tous les détails distinctifs.

Un autre aspect manquant réside dans l'absence de vaisseaux sortant du Vaisseau-Mère lors de leur construction ou y retournant pour réparations. Dans Vast Reaches, ce dernier ne fait d'ailleurs... pas grand-chose. Immobile et dépourvu d'armement, il ne sert qu'à être occasionnellement protégé des attaques ennemies, sans que le joueur n'ait réellement à s'en soucier.

 

Une Intelligence Artificielle Peu Convaincante

Une fois les contrôles (plutôt contre-intuitifs, même pour les habitués de la VR) maîtrisés, les escarmouches deviennent vite répétitives. Cela est en partie dû à l'intelligence artificielle ennemie extrêmement primaire, mais aussi au fait qu'une fois les groupes de contrôle constitués et lancés à l'attaque, le joueur n'a plus qu'à attendre les premiers tirs pour activer ses aptitudes de puissance de feu, de bouclier et de réparation dès qu'elles sont disponibles, sans jamais avoir de raison de ne pas le faire.

Il n'existe aucun sous-système à cibler ni vaisseau individuel à micromanager. Lorsque les frégates ioniques et les destroyers balistiques sont débloqués, leurs groupes gagnent certes quelques capacités à longue portée à utiliser avant d'engager le combat rapproché, mais cet avantage reste anecdotique face à l'empressement de l'ennemi à réduire vos forces en miettes.

 

Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète

 

Un Défi ne Permettant Pas d'Expérimenter

Cela ne signifie pas pour autant que Vast Reaches soit d'une facilité déconcertante. En difficulté normale, pas mal de missions demandent de s'y reprendre à plusieurs reprises, en partie parce que les objectifs ne sont pas clairs. Trop souvent, on ne connaît la composition des forces adverses que trop tard pour réagir en conséquence, d'où une frustration certaine.

 

Une Campagne Brève et Peu Rejouable

La campagne n'est d'ailleurs pas d'une grande longueur, elle prend entre six et huit heures pour en venir à bout. Cela ne serait pas un problème majeur si le jeu offrait davantage de contenu une fois terminée, mais il n'en est rien. Pas de multijoueur, pas même de mode escarmouche permettant d'affronter l'IA dans le but de détruire son Vaisseau-Mère. La dernière mission de la campagne, chronométrée, reste donc le seul endroit où l'on peut vraiment expérimenter avec toutes les unités, dont les croiseurs de bataille.

Deux niveaux de difficulté supplémentaires sont certes disponibles pour rejouer la campagne, mais c'est à peu près tout. Un mode de réalité mixte exploitant les caméras de la Quest pour faire apparaître les vaisseaux dans votre salon est également présent, mais relève davantage de la curiosité amusante que d'un véritable atout.

 

Test Homeworld: Vast Reaches - Une aventure spatiale incomplète

 

Le Verdict

Homeworld: Vast Reaches est loin d'être la réinvention en réalité virtuelle de cette légendaire série de stratégie spatiale à laquelle on aurait pu s'attendre. Il s'agit plutôt d'une version allégée et insatisfaisante pour Meta Quest 2 et 3. Malgré un récit respectable s'inscrivant parfaitement dans l'ambiance classique de Homeworld, rien ici ne justifie réellement l'utilisation de la VR et n'aurait pas aussi bien, voire mieux, fonctionné sur PC.

Les vaisseaux d'une fragilité extrême explosent en quelques secondes sans la moindre fanfare, perdant au passage leurs détails distinctifs. Le système simplifié de groupes de contrôle, bien qu'acceptable pour gérer des flottes, dépouille les batailles spatiales de Homeworld de la nuance qui les rendait si mémorables, les faisant tomber dans la répétitivité. Une fois la campagne de six à huit heures terminée, vous aurez exploité toutes les ressources disponibles dans ce jeu.

Fabian Lainé
Fabian Lainé
A propos de l'auteur
Hello, je suis Fabian, un fan des jeux vidéo depuis ma tendre enfance. Laissez moi vous conter le gaming sous toutes ses formes !
Articles similaires